La douleur chronique : une réalité qui dépasse le corps

Parler de douleur chronique, c’est souvent marcher sur un fil. Beaucoup s’attendent à des solutions uniquement physiques, alors qu’en réalité, la douleur est bien plus complexe. Elle peut être un message du corps, mais aussi le reflet de tensions émotionnelles, de traumatismes ou de blessures invisibles que nous portons parfois sans le savoir.

Le Dr John Sarno, un médecin algologue qui a bouleversé notre compréhension de la douleur, a démontré que des douleurs bien réelles pouvaient être déclenchées ou entretenues par des conflits émotionnels enfouis. Cela ne signifie pas que la douleur est “dans la tête”. Non, elle est bien là, physique, mais son origine peut être ailleurs.

En tant que spécialiste de la douleur, je rencontre régulièrement ce défi. Dire à quelqu’un que sa douleur pourrait avoir une composante émotionnelle ou psychique peut être mal perçu. Cela peut heurter, surtout si cette vérité vient contredire les attentes. Mais mon rôle n’est pas seulement d’apaiser la douleur sur le moment, c’est aussi d’aider à la comprendre, pour, peut-être, la faire disparaître sur le long terme.

Récemment, une consultation m’a beaucoup marqué. Une patiente m’a reproché d’avoir évoqué un lien entre ses douleurs et son vécu émotionnel. Elle voulait des solutions concrètes, mécaniques. Pourtant, après avoir examiné la situation, il m’a semblé évident qu’il y avait une autre piste à explorer. Je comprends que ce genre d’échange puisse être difficile. Parler des blessures profondes, même avec bienveillance, peut être déstabilisant.

Ce que je veux dire ici, c’est que la douleur chronique est rarement un simple problème physique. Bien sûr, il y a des diagnostics, des traitements, des examens. Mais souvent, il y a aussi une histoire, une émotion non exprimée, un stress enfoui. Ignorer ces aspects, c’est ignorer une partie essentielle du chemin vers la guérison.

Mon objectif, en tant que médecin, n’est pas de remettre en cause les ressentis ou la souffrance des patients. C’est d’ouvrir une porte, parfois inconfortable, vers une compréhension plus profonde de leur douleur.

Et vous, dans votre pratique ou dans votre expérience, avez-vous déjà exploré ces liens entre corps et esprit ?

Que pensez-vous de cette idée que la douleur pourrait être le reflet d’un lien brisé entre le corps et l’esprit ?